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La dépression, le mal du siècle ?

Qu’est ce que la dépression?

Le mot dépression est beaucoup employé pour parler de différents symptômes et causes de malêtre.

Le fait de ressentir, par moments, une perte de l’élan vital, une difficulté à se lever le matin par ex., cela peut être normal. Il n’y a pas pas forcément à s’en inquiéter : notre appareil psychique est vivant et réagit aux situations de la vie.

Ainsi, un affect dépressif passager peut parfois tout simplement être en lien avec une phase d’élaboration effectuée par notre appareil psychique et ainsi témoigner de petits réajustements liés à un changement intervenu dans notre vie.

Au contraire, on peut penser être déprimé lorsque certains symptômes perdurent depuis des semaines, voire des mois.

La dépression est souvent liée à des pertes objectales.

Il peut s’agir de la perte d’un objet d’attachement, tel un être cher, mais aussi de changements professionnels, tels la perte d’un emploi; mais également des situations pouvant agir profondément sur notre équilibre psychique, tout en impliquant pas, dans la réalité, une perte.

Comme nous le disions un peu plus haut, la dépression se caractérise par une perte de l’élan vital (un manque d’énergie), souvent accompagnée de signes qui touchent le corps (somatiques), tels des troubles du sommeil, une perte de l’appétit, une fatigue générale, avec une tendance à rester au lit.

Cet émoussement du désir peut également aboutir à des difficultés dans la vie sexuelle.

Au premier plan,  nous avons un affect de tristesse, un sentiment de solitude et d’impuissance, une tendance à la dévalorisation, un pessimisme pouvant être accompagné d’idées noires, voire idées de suicide.

Un sentiment d’anxiété accompagne la dépression.

 

Comment soigner la dépression.

Lorsque la dépression est là, il est important de sortir de son isolement, et de consulter : un bon psychologue, orienté par la psychanalyse, peut être le premier pas dans la démarche de consulter.

Le psychologue et psychanalyste va permettre, dans des consultations régulières pendant un certain temps (pas forcément long, mais parfois d’environ six mois) de mettre des mots sur ce qui a causé la dépression.

Par la parole, un travail sur l’inconscient s’effectue et le patient arrive à tirer les fils de ce qui faisait entrave à la pulsion de vie, qui créait un blocage et empêchait son épanouissement.

Dans d’autres cas de dépressions plus graves, il est aussi bénéfique et utile de recourir à une prise d’antidépresseurs, prescrit par le psychiatre.

Mais, cela est discuté dans le cadre de suivi psychologique. Souvent, le fait de donner au patient les clés pour puiser dans ses propres ressources psychiques lui permet de trouver ses propres solutions pour faire face et la prise de médicaments se révèle non indispensable.

 

 

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Infertilité du couple, parler avec un psychologue/ psychanalyste

Infertilité du couple, parler avec un psychologue/ psychanalyste

Pour les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants, mais aussi dans le cas d’infertilité avérée et de recours à une PMA avec don – il peut s’avérer particulièrement important de consulter et d’en parler avec un psychologue/psychanalyste. Cela peut permettre de lever des « obstacles » de nature inconsciente qui peuvent parfois empêcher à la femme de tomber enceinte ou de mener à bien la grossesse.

Des exemples issus de la clinique psychanalytique avec les femmes notamment, sont à mêmes de montrer combien le facteur psychique joue dans ce domaine.

Un désir de maternité qui serait inscrit dans de prétendues lois d’harmonie naturelle, préexistant donc à la relation mère-enfant ne se rencontre pas dans la clinique: le désir ne peut naître que lorsqu’il est pris dans l’énonciation, dans les paroles de la mère et l’enfant, dès sa naissance, s’oriente à partir du désir de celle-ci, déjà constitué comme Autre.

Cet Autre qu’est la mère peut néanmoins s’avérer absente de la parole.

Cas clinique (extraits) :

C’est le cas de la mère de Mme S. : le désir maternel n’avait pas été opérant dans la relation avec sa fille. La mort de cette mère, des suites d’un cancer, lorsque la fille avait 16 ans, n’avait fait qu’accroître, chez cette dernière, le sentiment de manque lié à l’absence d’une parole structurante et vivifiante.
D’un point de vue inconscient, la fille continuait à attendre une réponse de sa mère, encore prise qu’elle était dans cette demande adressée à l’Autre.

Durant le travail psy effectué avec moi, la patiente exprimera le sentiment d’avoir eu un rendez-vous manqué avec sa mère et identifiera dans la nécessité d’avoir recours à un Autre –  le psychologue – psychanalyste –  ce qui l’avait poussée à demander de l’aide.
Chez cette femme, qui avait un peu de mal à s’inscrire dans une dynamique pulsionnelle vraiment orientée par la pulsion de vie, un désir d’enfant n’avait jamais pu se manifester.

La rencontre avec un réel, la touchant au plus profond de son être, changera la donne pour elle.

À l’âge de trente-cinq ans, elle apprend qu’elle souffre d’une insuffisance ovarienne – un vieillissement précoce des ovocytes. Ce phénomène avait commencé quelques années auparavant déjà, mais il lui était resté inconnu jusque là et la condamnait à ne plus pouvoir avoir d’enfants. La nouvelle inattendue de cette infertilité inexpliquée engendre chez elle – en couple depuis quatre ans – une très grande souffrance, le diagnostic étant très lourd à supporter.

La rencontre avec ce réel de l’infertilité réveille la patiente : un an plus tard, elle rompt avec son conjoint, un homme qui – comme c’était le cas pour sa mère – était, en quelque sorte, absent de la parole.
Par ailleurs, cet aspect de la relation dans le choix du partenaire avait permis,jusque là, à cette femme de garder une distance d’avec lui et d’éviter ainsi la rencontre amoureuse. Nous avons là un aspect du symptôme dont elle était prisonnière.

Les interprétations du psychologue – psychanalyste, visant à lui faire entendre qu’il l’y avait bien quelque chose de symptomatique dans le choix du conjoint, vont permettre qu’elle s’en détache.
La rupture avec lui indique qu’une séparation avait fini par se produire d’avec la jouissance (mortifère) impliquée dans la demande, restée en suspens, adressée à sa mère.
 » La mort biologique  » – ce sont les mots que la patiente emploie, en parlant de ses ovocytes – résonne dans les mots et provoque un déplacement qui permet à cette femme de perdre quelque chose de cette modalité de jouissance.
La mort biologique est ainsi élevée au rang de perte symbolique et ce sujet féminin, divisé et manquant, va enfin se mettre à désirer.
On retiendra alors cette phrase de la patiente, formule sur laquelle prend appui son désir: affirmer la vie, contrer la mort. 

La PMA – Procréation Médicalement Assistée – est la réponse que cette femme trouve pour contrer la mort et l’absence de désir rencontrées dans le déterminisme des signifiants familiaux.(…)

La mise en fonction de la figure du psychanalyste dans le transfert constituera un appui indispensable pour faire advenir le désir d’un enfant et traiter l’angoisse qui pouvait accompagner son surgissement. Des rêves vont apparaître, révélant qu’il était pour elle désormais possible de s’imaginer comme une femme pouvant engendrer un enfant. Pour cela, la patiente va en passer par le fait de rêver de sa psychanalyste enceinte, une première façon pour elle de pouvoir incarner le désir d’un enfant.
Ainsi, grâce à l’articulation signifiante que le discours psychanalytique rend possible, cette femme aura pu consentir à son désir et ainsi réussir à tomber enceinte.

Elle portera l’enfant et le mettra au monde.

Cet exemple clinique d’une femme désirant devenir mère témoigne également du fait que l’origine de la vie demeure mystérieuse, énigmatique et qu’il reste toujours un irréductible.

Néanmoins, la psychologie et la psychanalyse permettent de penser l’énigme du vivant et que tout ça prenne sens, d’une façon singulière et propre à chaque sujet de l’inconscient.

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La transmission de la féminité mère-fille

Mère-fille

Lever le voile sur la transmission de la féminité

Extraits du commentaire, paru dans le n° 76 de la revue de l’École de la Cause freudienne, sur le livre de Malvine Zalcberg, Qu’est-ce qu’une fille attend de sa mère ? Odile Jacob, Paris, 2010.

[…] Savoir ce que la fille désire – et ce vers quoi tendre dans sa vie – est un enjeu d’autant plus complexe pour une femme, que celle-ci n’est pas toute inscrite dans le symbolique; pas entièrement marquée par la castration, alors que l’homme se réfère uniquement au signifiant phallique.

Pour Malvine Zalcberg, la mère est le destin de la femme, au sens où une femme constitue sa féminité à partir de la façon dont sa mère a forgé la sienne propre, de la solution que la mère a déjà trouvé à son manque à être, manque de signifiant qui représenterait son sexe. Dès le début de sa vie, la fille dépend beaucoup de la manière dont la mère investit son image en tant que fillette, de la qualité du regard et des mots qu’elle adresse à sa fille ; mais c’est surtout dans la possibilité pour la mère d’affronter le réel de sa condition féminine par les semblants que s’inscrit son destin de femme plus tard.

[…] L’identité féminine de la fille va alors s’établir dans la parole et dans les semblants, sur une structure de fiction. Il est toujours question de feinte pour une femme et – lorsque la mère se rend au jeu de la mascarade avec son homme – elle pourra au moins transmettre à sa fille qu’elle a trouvé une façon singulière de se poser dans le jeu de la mascarade avec un manque, que de ce rien, elle a pu faire quelque chose.